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jeudi 26 octobre 2017

Bangkok / Thaïland / jan 2017


Elle est bien tout ce qu'on lui attribue : grouillante, fatigante, moite, trépidante, technologique, religieuse ; le mariage de la tradition et de la modernité est ici si intense qu'il confère presque à la schizophrénie.
Entre monarchie absolue de droit divin et tourisme de masse, de la Sodome & Gomorrhe moderne au Temple du Bouddha d'émeraude, des ruelles saturées de Chinatown à la quiétude de la Chao Praya,

Bienvenue à Bangkok !!!


Un article un peu long à accoucher, après un très gros travail de dégraissage et de tri des images, mais je suis globalement très satisfaite du résultat! J'étais partie sur un article en deux parties, et puis finalement je me suis dis qu'il était temps de faire des choix, on ne peut pas tout montrer.
Coupés au montage: Wat Pho, marché aux amulettes, Khao San Rd Off



A propos de la mort du roi

Le roi Bhumibol (Rama IX) est décédé le 13 octobre 2016 après 66 ans de règne (un des plus longs du XX° s.). S'en suit alors un deuil national d'un an, jusqu'à la cérémonie de funérailles du 25 octobre 2017.
C'était donc une période assez particulière et unique pour visiter la capitale, et dans une moindre mesure le reste du pays.



Des portraits géants du roi, du noir et blanc partout, surtout près des administrations et des temples. Les gens sont invités à s'habiller de noir & blanc en signe de deuil, certains sites sont fermés, d'autres offrent un tarif réduit voire même la gratuité. La circulation aux abords du palais royal et surtout autour de la place du Sanam Luang est complètement bouclée et sécurisée, l'effet "boulevard vide" est assez saisissant.






City Pillard Shrine


Point de fondation de la ville, il a été érigé le 21 avril 1782, lors du déménagement de la capitale, de Thonburi à Bangkok. C'est un des lieu les plus sacré de la ville, et du pays.





Nombreux sont les thaïs à venir y faire leurs dévotions et leurs prières, particulièrement en cette période de deuil.







A propos de Khao San Road


Même si le quartier n'a sans doute plus grand chose à voir avec ce qu'a du connaitre Alex Garland, il reste une étape obligatoire pour tout backpacker qui se respecte.
La rue de la soif est bien fidèle à sa réputation : lieu de débauche et de perdition. Débauche de lumières, de bruit, de caricatures de touristes, d'alcool, de substances plus ou moins licites, ... On peut quand même avoir la surprise de croiser une petite famille d'allemands ou un couple de vieux routards français coincés entre quelques australiennes à moitié à poil et des anglais en mode tête dans le caniveau.
Si la patine underground a largement été éraflée par le tourisme de masse, Khao San Road reste ce pour quoi elle est née : une soupape de "liberté", une arène cathartique.





Wat Phra Kaew



Dans l'enceinte même du palais royal, le temple comporte plusieurs constructions, des chedis et des stupas, également le bâtiment principal abritant la statue du Bouddha d'émeraude, qui, comme son nom ne l'indique pas, est en jade (!).
La statue, que vous ne verrez pas puisqu'il est strictement interdit de la photographier, est d'abord apparue dans le royaume Lanna (nord de l'actuel pays), puis s'est retrouvée au Laos, avant de revenir au royaume Thaï à la fin du XVIII° siècle.







J'ai été très impressionnée par la richesse, le soin et la minutie des décorations, et ce, sur l'ensemble des bâtiments et des statues, que se soit à l'intérieur ou à l'extérieur. C'est, de mon point de vue, un des plus beaux temples de Thaïlande.






Chinatown



A seulement 1/4h - 20min à pied de la grosse zone touristique, changement total d'ambiance, on passe du cadre solennel des temples à la frénésie de ce quartier populaire et pittoresque. Les rues, les ruelles, les passages, enfin tout est encombré, embouteillé, s'organisant plus ou moins dans un joyeux bordel typiquement asiatique.
Les diables chargés de cartons croisent les Vespa les Honda Clic au son de quelque poissonnière hélant le badaud. Jus de grenade, soupe de nouilles, brochettes de scorpions, riz, galanga ; peluches, masques anti-polution, batteries de cuisine, décoration de nouvel an.
Zone de commerce, d'échanges, ce marché est véritablement greffé à son quartier, en est devenu indissociable. On peut s'y perdre la journée entière, au risque de se faire submerger par la foule, tel un klong étouffant sous les jacinthes d'eau.



On retourne au bercail, remontant le cours de la Chao Praya, bercé par le roulis et le bruit du bateau. Ces trajets ont été pour moi des moments privilégiés, de calme, de repos, un répit bienvenu dans cette ville intense.



Bangkok est, à mon avis, une ville qui s’apprivoise avec un peu d'expérience. Elle peut paraitre rude et complexe, elle l'est ; mais elle est assez vaste et diverse pour que chacun y trouve son compte, pour peu que chacun veuille bien en prendre la peine.
J'ai dans l'idée qu'elle recèle bien des trésors cachés, qui seront peut-être l'occasion pour moi d'y faire un nouveau séjour prochainement!